La communication et l’animation lors des travaux pratiques

La communication est un élément clé de l’animation des travaux pratiques à l’université. Pour favoriser un apprentissage efficace, il est essentiel d’instaurer un climat d’échange constructif dès le début de la séance. Cela passe par des consignes de travail claires et précises, permettant aux étudiant·es de comprendre les attentes et d’agir en autonomie. De plus, savoir répondre aux questions des étudiant·es de manière adaptée contribue à renforcer leur engagement et leur compréhension.

Instaurer un climat de communication constructif

Les recherches montrent qu’un environnement harmonieux favorise l’engagement et la réussite des étudiant·es (Cohen, 2006).

Un accueil soigné (préparation du matériel, test des outils, installation de la salle), une brève présentation mutuelle (se présenter, demander aux étudiant·es de se présenter ou de répondre à un sondage interactif pour cerner leur profil et leur parcours) et l’identification des attentes du groupe contribuent à installer une dynamique positive propice à l’engagement.

Au fil du semestre, des dispositifs simples renforcent la qualité des interactions :

  • une activité courte en début de séance permettant de réactiver les connaissances ou de sonder le niveau du groupe aide à ajuster l’accompagnement ;
  • un retour collectif sur les résultats d’une évaluation formative permet d’adapter ses interventions et de revoir certains concepts vus en cours si nécessaire ;
  • des temps de clarification avant les manipulations ;
  • des espaces d’expression où les étudiant·es peuvent poser leurs questions.

Des relations basées sur le respect et l’écoute permettent aux étudiant·es d’aborder les apprentissages avec plus d’ouverture (Nault & Lacourse, 2008) et d’êtres partenaires du bon déroulement des séances.

Créer des consignes de travail claires

Des consignes explicites facilitent l’entrée dans l’activité et évitent les blocages, notamment dans les TPs où les étudiant·es doivent souvent travailler en autonomie. Il s’agit de se concentrer sur l’essentiel, d’éviter les implicites, d’expliquer les termes techniques et de présenter les instructions à la fois à l’oral et à l’écrit.

Selon Leblanc & Guillemette (2014), plusieurs principes sont particulièrement importants éléments suivants :

  • Éviter les informations superflues tout en s’assurant que l’essentiel est présenté.
  • Les verbes « décrire, comparer, analyser, etc. » et la formulation « que pensez-vous de » sont très abstraits. Leur utilisation est donc à éviter le plus possible ou encore il faut les expliquer clairement aux étudiant·es sans considérer qu’elles et ils sont supposé·es connaître la signification de tous les termes employés dans les consignes.
  • Il peut être très utile de faire lire ses consignes par un·e collègue et de lui demander des suggestions d’amélioration.
  • On doit présenter les consignes à l’écrit et à l’oral si possible. Idéalement, prévoir trois façons de communiquer les consignes : par exemple en les projetant sur un écran, en les reformulant oralement ou en demandant à un·e étudiant·e de les reformuler, en offrant à l’étudiant·e un support où consigner ses réponses, etc.
  • Éviter de donner les consignes à la hâte à la fin des cours.
  • Clarifier pour tout le monde s’il y a lieu : être attentif aux indices d’incompréhension de la part des étudiant·es, par exemple des questions récurrentes de clarification, une hésitation généralisée à se mettre en action, etc.

Répondre aux questions des étudiant·es et les inviter à poser des questions

Les questions sont un indicateur précieux de l’engagement des étudiant·es. Pour favoriser l’expression et la participation :

  • valoriser les interventions (« merci pour cette question », usage du prénom) ;
  • encourager explicitement la démarche (« il n’y a pas de questions idiotes ») ;
  • adopter une posture d’écoute bienveillante ;
  • en cas d’incertitude, proposer de vérifier l’information et d’y revenir.

À la fin de chaque démonstration, invitez les étudiant·es à comparer et compléter leurs notes pour vérifier leur compréhension et poser leurs éventuelles questions. La correction en groupe, les débats autour des résultats expérimentaux favorisent également les questionnements et l’acquisition/réactivation des connaissances.

Au cours de la séance de TP, posez régulièrement des questions ouvertes qui ouvrent au dialogue (« Quelles questions avez-vous à me poser ? », par exemple), plutôt que des questions fermées telles que « Avez-vous des questions ? ».

En fin de séance, demander aux étudiant·es un court résumé permet à la fois de renforcer leur compréhension et de vérifier l’atteinte des objectifs.

Micro‑techniques d’animation pour dynamiser les TPs

De courtes interventions, simples à mettre en œuvre et centrées sur l’activité des étudiant·es, permettent de maintenir le rythme de travail, de soutenir l’autonomie et de renforcer l’engagement. Voici quelques techniques particulièrement adaptées aux travaux pratiques :

Mini test d’activation

Un quiz très court en début de séance (3 minutes), avec possibilité de consulter ses notes ou d’échanger brièvement.
➡ Stimule l’attention, réactive les connaissances et prépare les étudiant·es à entrer dans l’activité.

Reformulation rapide d’une consigne

Après une consigne clé, un·e étudiant·e reformule la tâche à voix haute.
➡ Vérifie la compréhension du groupe sans interrompre le rythme du TP.

Débat éclair sur un résultat

«Vote rapide» : les étudiant·es indiquent leur interprétation, puis une personne défend sa position en 1 à 3 minutes.
➡ Encourage l’argumentation scientifique et la réflexion critique sans alourdir la séance.

Question ouverte pivot

À chaque changement d’étape du TP, poser une question ouverte : « Quelles questions avez‑vous avant de passer à la suite ? »
➡ Favorise le dialogue, anticipe les difficultés et évite les blocages tardifs.

Question minute

Inviter chaque étudiant·e à écrire en 60 secondes une question ou un point d’incompréhension, puis sélectionner 2–3 questions représentatives à traiter.
➡ Permet de détecter rapidement les zones d’ombre et de donner la parole à tous, y compris aux plus timides.

Pause vérification

Avant une étape clé, demander aux groupes de noter une réussite et une difficulté rencontrée.
➡ Offre un retour immédiat sur le travail du groupe et permet d’adapter l’accompagnement.

Résumé minute (fin de séance)

Les étudiant·es notent :

  • ce qu’ils/elles retiennent,
  • une question restant en suspens,
  • ce qu’elles/ils doivent préparer pour la prochaine séance.

➡ Clarifie les apprentissages et fournit un retour rapide à l’enseignant·e.

Résumé de séance

L’enseignant·e conclut la séance avec 2 ou 3 points-clés et annonce le thème ou l’objectif de la prochaine séance.
➡ Renforce la continuité, donne du sens aux apprentissages et guide la préparation des étudiant·es.

Références

Cohen, J. (2006). Social, emotional, ethical and academic education : Creating a climate for learning, participation in democracy and well-being. Harvard Educational Review, 76, 201-237.

Nault, T. & Lacourse, F. (2008). La gestion de classe. Une compétence à développer. Les éditions CEC.

Leblanc, C., & Guillemette, F. (2014). Consignes claires : travail réussi ! Le Tableau, 3(2). https://pedagogie.uquebec.ca/le-tableau/consignes-claires-travail-reussi

Vous êtes enseignant·e ou assistant·e à l’Unil ? Le module «Encadrer les Travaux Pratiques», proposé en français et en anglais, permet de se former sur cette thématique.